12 octobre 2005
Camila est sur son départ
Camila quitte le Maroc
Sa famille vit un trop plein d'émotions et tout va trop vite.
Le blog est la dernière chose que sa maman a envie d'alimenter, je suis sûre que vous comprendrez...
Elle aura besoin de recul et de temps avant d'être capable de vous raconter.
Soyez sans craintes, Camila au pays des clémentines continuera d'exister, cependant, laisser-lui le temps de tout digérer et de se refaire une beauté sur sa page web.
A bientôt!
Milles bisous du Maroc à tous nos lecteurs assidus.
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26 septembre 2005
Camila cherche à se loger!
Un peu de pub aujourd'hui:
Camila et sa petite famille sont à la recherche d'un logement à Montréal pour le début novembre.
Nous aimerions trouver quelque chose dans :
Ahunstic, Petite-Patrie, Rosemont, Montréal-Est ou Saint-Léonard.
Nous avons besoin de deux chambres à coucher fermée minimum.
Nous préférons les hauts de duplex et les coins tranquiles.
Laisser vos messages ici dans commentaires, je vous contacterai.
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22 septembre 2005
Le meilleur pour la fin
Pourquoi est-ce qu'on vit les meilleurs moments d'un séjour à l'étranger seulement à la fin?
Parce qu'on est mieux adaptés?
Parce que les gens nous acceptent mieux après nous avoir fréquenté plusieurs mois?
Parce que nous sommes moins étranges malgré notre statut d'étranger? ou est-ce nous qui percevons les gens et le milieu d'une autre façon, si bien qu'on attire maintenant la sympathie et les rencontres positives?
Si je ne bloggue à peu près plus, c'est que les invitations n'arrêtent plus! Le thé et les gâteaux chez une et chez l'autre, un diner par ici, une sortie par là...Les liens se tissent encore plus serré...le coeur se serre aussi lorsqu'on réalisent que les jours s'envolent. J'ai les trippes en compote, le coeur qui débat, les nerfs à vif....Je voudrais arrêter le temps ou l'accélérer pour que ça finisse.
L'entre deux est trop douloureux.
05:34 Publié dans Je prépare mon départ | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16 septembre 2005
Le compte à rebours est commencé
02:45 Publié dans Je prépare mon départ | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
30 août 2005
Petit bonheurs à savourer sans se rationner
Parce que les petits bonheurs, il faut les attraper pendant qu’ils passent…
Parce que mes petits bonheurs marocains sont comme des grains de sable dans ma main, ils s’écoulent à une rapidité incroyable, sans que je puisse les rattraper, et sous peu, je ne pourrai plus enfouir ma main dans ce sable…
En voici quelques-uns que je savoure tranquillement en ce mois d’Août :
Allumer ma cuisinière au gaz et me dire que sous peu, je devrai tourner le bouton de ma cuisinière électrique québécoise.
Au marché, attraper ma figue de barbarie qui sors des mains de la marchande qui porte ses gants et qui vient tout juste de la déshabiller devant moi…(bon, ok je ferai un post la-dessus car ceux qui en ont jamais mangé au Maroc ne savent absolument pas de quoi je parle!) De croquer dedans à belles dents pour en savourer tous les arômes et les coller à ma mémoire, je fais mes bagages de saveurs…
Mettre mon nez dans les frisettes de Camila, fermer les yeux, respirer profondément et lui faire un beau bisou.
Passer une fin d’après-midi à la plage et de regarder le soleil se coucher dans l’eau de l’Atlantique.
Prendre un jus d’orange à 3 dh dans la rue, dans un verre mal lavé et me le faire caler par Camila qui ne m’en a pas laissé une goutte!
Boire un excellent café nos-nos (moitié crème-moitié café) sur une terrasse, chaises orientées sur la rue, entourée d’hommes, seulement d’hommes….
Me réveiller au chant du coq et entendre Camila l’imiter dans sa chambre.
Voir les chèvres brouter l’herbe sèche de mon quartier.
Passer dans la rue du pipi et me dire que c’est pas si pire que ça finalement.
Prendre l’autobus avec Camila et de lire les pubs :
«Avant, vous attendiez l’autobus… maintenant, c’est Rahabus qui vous attends!»
« Quel confort! Je suis toujours à l’heure!»
« Interdit de fumer et de cracher»,
«Attention freins puissants»
Manger des raifs gras et de faire passer le tout avec un verre de thé à la menthe.
Sortir des toilettes turques et me dire «Wow, je ne me suis pas pissé dessus cette fois-ci!»
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29 août 2005
Devant l'inconnu
La semaine dernière, j’ai reçu ce courriel d’une copine qui est au Maroc depuis quelques mois. Je trouve qu’il résume bien ce que chaque étranger vit en débarquant en pays inconnu.
J’avais envie de le partager avec vous.
Devant l'inconnu
Ce qui effraie le plus l'homme, c'est l'Inconnu. Sitôt cet Inconnu, même adverse, identifié, l'Homme se sent rassuré. Mais «ne pas savoir» déclenche son processus d'imagination. Apparaît alors en chacun son démon intérieur, son «pire personnel». Et croyant affronter les ténèbres, il affronte les monstres fantasmagoriques de son propre inconscient. Pourtant, c'est à l'instant où l'être humain rencontre un phénomène nouveau non identifié que son esprit fonctionne à son meilleur niveau. Il est attentif. Il est éveillé. De toutes ses facultés sensorielles, il cherche à comprendre afin d'endiguer la peur. Il se découvre des talents insoupçonnés. L'inconnu excite et le fascine tout à la fois. Il le redoute et en même temps l'espère pour voir si son cerveau saura trouver les solutions pour s'y adapter. Tant qu'une chose n'est pas nommée, elle dispose d'un pouvoir de défi pour l'humanité.
Edmond Wells, L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu, Tome V
Tiré du livre Nous les Dieux, de Bernard Werber
Devant une nouvelle réalité ou une nouvelle vision du monde, lorsqu’on a juste envie de juger ce qui est différent de nous, j’ai appris ici à me requestionner et tenter de trouver ce que cette chose réveille en moi. C’est lorsqu’on se déstabilise et qu’on perd nos points de repères qu’on fait les plus belles découvertes sur nous même!
Merci Karine!
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19 août 2005
Mon corps étranger, retour à l’adolescence ?
Quand on entre à l’école secondaire à la porte de l’adolescence, on entre dans un monde ou il nous faut tout apprendre. On est un peu mal dans notre corps qui change, qui nous est un peu inconnu. En plus, l’école secondaire nous encadre serré quand il faut l’habiller ce corps ! Pas de shorts, pas de ci et de ça…
Dans notre nouveau milieu scolaire, il faut réagir assez vite pour comprendre un peu comment ça fonctionne. Et on observe !!! Il me semble que j’ai passé mes premiers 6 mois de secondaire I à observer les ados plus âgés que moi… Leur code verbal, non-verbal, vestimentaire etc etc…
Avril 2004, fraîchement débarquée au Maroc, j’agissais à peu près de la même façon. J’observais sans arrêt tous et chacun. Je cherchais à connaître codes et règles de conduite, les choses légales et illégales, le code vestimentaire, les nouveaux signes à saisir dans le non-verbal etc. Je n’entrais dans un café que lorsque j’y apercevais des femmes. Je prenais note de toutes les règles de politesse et je les mettais en pratique. Bref, je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour suivre les règles et les codes à la lettre !! Je portais une attention particulière à mes vêtements… Pas trop courts, épaules couvertes, couleurs sobres…J’aurais aimé pouvoir porter les mêmes vêtements des marocaines… J’étais réservée, timide… et surtout, j’aurais aimé faire disparaître mon corps…étranger.
Car il me dérangeait ce corps étranger que je traînais…il se faisait trop regarder, observer…il attirait tellement l’attention, il me posait problème quand je devait l’habiller pour sortir. Le vêtement qui nous rends invisible ? J’aurais aimé l’inventer !! Devenir invisible dans cette foule, afin de me promener et de pouvoir observer, m’approcher, dévisager à mon goût !!
En fait, avec un peu de recul, la perception que j’avais de mon corps me parlait de mes malaises au niveau de mon adaptation. J’aurais aimé entrer au Maroc et tout y comprendre d’un coup ! Être tout de suite bien adaptée sans avoir à faire le chemin difficile qui s’annonçait. Ça me posait problème de ne pas comprendre, de ne pas savoir réagir devant des trucs du quotidien. En fait, je m’en demandais peu être un peu trop ?
Août 2005, aujourd’hui, au Maroc, je me sens comme en secondaire V ! J’ai pris de l’assurance comme ce n’est pas possible. Les codes ? Je ne les connais plus, je les possède à l’intérieur. Ils me sont acquis et je l’ai gagné chèrement, à coup de gaffes, de petites tapes sur les doigts. Je me suis permis de ne rien saisir, de questionner, de prendre le temps qu’il fallait pour comprendre, intégrer, digérer. Des bêtises qui me valent aujourd’hui d’être bien adaptée, de comprendre les limites de mon monde et même…des les enfreindre…juste un peu…car je connais la limite.
J’ai aussi fait la paix avec mon corps qui est moins étranger. Il se fait encore remarquer, dévisager, observer ce corps : mais il est assumé. J’assume ma différence, tête haute. Comme à ma dernière année d’école secondaire. Cette assurance ne m’avait jamais quitté, sauf à mon entrée au Maroc. Je suis heureuse de l’avoir aujourd’hui récupéré.
Je me fous davantage de ce que peuvent penser certaines personnes sur mon habillement coloré, manches trop courtes ou vêtement un peu trop moulé. Je respecte les codes mais je n’angoisse plus si je transgresse un peu. Mes pantalons sont rouges, mes souliers sont sales, mon bébé est dans sa poussette au lieu d’être dans mon dos.
Je n’ai plus envie d’être invisible… J’assume mon corps étranger que les marocains ont dans l’œil. J’ai fait la paix avec mon apparence malgré sa différence tant regardée.
Je suis intégrée.
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28 juillet 2005
Quitter c’est un peu comme mourir…
Difficile de blogguer cette semaine…. Peu de temps pour moi, je cours entre une Camila fiévreuse et le train train quotidien. Je pose mon regard sur mon ordinateur mais je n’arrive pas à m’asseoir devant! C’est peut être aussi parce que mon esprit est occupé à emmagasiner…et digérer!
Depuis que je sais que nous sommes sur nos derniers miles marocains, je prends davantage de plaisir à vivre mon quotidien. J’ai l’impression d’être en train de faire des bagages d’odeurs, d’images et de saveurs marocaines. Je prends donc plus le temps d’apprécier la vie d’ici et son rythme.
Pourquoi donc ne l’ai-je pas fait toute cette année et demie?
Pourquoi est-il tant difficile de vivre pleinement chaque moment de la vie?
J’imagine que les gens qui savent qu’ils vont mourir se disent la même chose. En fait, chaque départ d’un pays ou j’ai vécu m’a donné l’impression que quitter un pays, c’est un peu comme mourir…C’est notre vie d’ailleurs qui se meurt.
J’en ai eu quelques vies de voyages qui sont disparues, toujours présentes à l’intérieur par leurs apprentissages…. Certaines morts ont été catastrophiques, d’autres déchirantes…
Le Honduras m’a appris et m’apprends encore aujourd’hui à assumer quotidiennement les conséquences de mes choix de vie car je me sens toujours un peu coupable de ne pas y vivre et d’y laisser la moitié de ma famille. J’adore cette terre y j’y ai fait de bonnes racines.
Ma mort bolivienne a été des plus catastrophique et spectaculaire. Une mort qui ne m’a jamais permis de boucler la boucle… Dans cette terre, mes racines ont pris vie et se sont enfoncées rapidement. Un matin, j’y ai été déracinée en urgence à cause de problèmes de santé. La Bolivie me fait encore mal, elle me manque terriblement. Cette mort m’apprend le détachement, car il y a des choses dans la vie qu’on ne peut changer, on doit s’y résigner...
Et le Maroc? J’ai l’impression que ce sera mon meilleur deuil car la mort se prépare et se fait douce…Je connais sa date et je sais ce qui me reste à faire ici. Disons que j’ai tout mon temps pour m’y préparer et….je fais l’hypothèse qu’elle sera, pour cette raison plus facile. Mes racines ici ont mis du temps pour se former. J’avais l’impression de ne pas en faire du tout parfois … et un arbre sans racines est fragile. Au Maroc j’ai été fragile longtemps. Maintenant que le départ est tout près, je me rends compte que mes racines se sont enracinées plus profondément ces derniers temps, à ma grande surprise!
Alors c’est à suivre pour la leçon apprise ici…. J’ai encore besoin de quelques mois pour bien la saisir!
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15 juillet 2005
Le compte à rebours est commencé!
C'est difficile de croire qu'après autant d 'efforts et d'energie à s'intégrer au Maroc, le compte à rebours est commencé pour nous. Dans trois mois, presque jours pour jour, nous quitterons définitivement le continent africain pour retourner dans la belle province. C'est confirmé, nous devrions être au Québec pour la mi-octobre, un peu plus vite que prévu!
J'ai des papillons dans l'estomac
Mon cerveau n'arrête pas d'anticiper la montagne de trucs à faire pour se réinstaller
Des images défilent, il y a pleins de lieux que je n'ai pas vu au Maroc et que je ne verrai sûrement pas d'ici octobre..sniff sniff
je me mets à prendre des cours de cuisine en accéléré
je fais des listes interminables de choses à rapporter
Tous ces préparatifs valent bien une nouvelle catégorie à mon blog non? Alors va pour :Je prépare mon départ
Je suis heureuse, je suis déjà nostalgique et je commence à me déraciner en douce...
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