12 juin 2005

Deux feux verts?

Une nouvelle rubrique, histoires de police viens d'être créée.
Il y a tellement d'histoires drôles à raconter sur les échanges que nous avons avec eux qu'il fallait bien leur faire une petite rubrique non?
Allez marocains, racontez-nous vos histoires personnelles en lien avec les garants de l'autorité, je vous promet de les publier!

Voici ma première:

Dimanche dernier,
18 heures,
Centre-ville de Rabat


Nous faisons doucement un tour de ville avec nos copines du Québec en visite chez nous. De vrais ‘Sunday drivers’ …

Sur un coin de rue, à un feu de circulation, mon mari ralenti, malgré le feu vert….

Dans le lot de voitures venant de l’autre direction, je vois devant moi une foule de véhicules et de camions en train de brûler le feu rouge! C’est tellement évident qu’ils ne nous laissent même pas passer, nous qui avons priorité! Les quatre passagers que nous sommes échangent quelques mots sur les chauffards écervelés qui osent brûler un feu de façon aussi flagrante!

Mon mari klaxonne plusieurs fois (et je vous dis, on a un klaxon qui réveille les morts sur cette petite Golf!) accélère, s’impose et passe.

Hé bien le policier au coin de la rue se met à nous siffler! Au Maroc, ils y a des policiers aux coins des artères achalandées, avec des sifflets, qui font la circulation ou qui arrêtent ceux qui ‘font des infractions’, -comprenez, ceux que ça leur tente-

Ce dernier s’approche de la voiture avec un air sérieux et convaincu :
-Il aborde mon époux en arabe, (Edward a un look marocain à s’y méprendre, malgré ses origines honduriennes), petite clarification sur le fait que Edward n’est pas marocains –doutes et dénigrement sur le visage du policier qui en est pas si sûr-.

-Monsieur, vous venez de brûler un feu rouge, ce qui est une grave erreur!
-QUOI??? Je crois que c’est vous, Monsieur le policier, qui faites erreur! Ce sont les voitures en sens contraire, qui, les unes après les autres, brûlaient le feu rouge!

Nous échangeons quelques instants mais comprenons rapidement que le bonhomme bleu est bien convaincu de ce qu’il a vu! Non, mais je rêve!! Il faisait quoi lui, sur le coin de la rue! (Cette remarque, je me la garde devant son air de convaincu et borné).

Le policier disparaît avec les papiers de mon tendre époux devenu très nerveux, fait le tour de la voiture et reviens à la hauteur de la fenêtre. (Je crois qu’il nous laissait réfléchir pour voir si on lui passerait pas quelques dirhams pour clore la discussion et filer en douce, ce que nous n’avons jamais fait, question de principe!)

-Bon là Monsieur, je décide de vous faire un procès, je vous fais un procès! dit-il.

On se défend encore un peu….de façon très respectueuse, le policier semble ne plus savoir quoi faire…

-Bon hé bien allez-y, faites-nous un procès!

Le policier se dégonfle finalement en nous disant qu’il n’en fera rien parce que nous sommes étrangers… (Fallait bien qu’il se sauve la face…)

Mon explication :

-Le policier devait être sur le coin de la rue en train de rêvasser, a levé les yeux lorsqu’il a entendu notre klaxon et a tout de suite pensé qu’on brûlait le feu, sans véritablement regarder la lumière…
ou

-il y avait deux feux verts….. ce qui reste une possibilité plausible, au Maroc!