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30 juin 2005
Blognome arrive à bon port!
Hé oui, une petite note nous attendais ce matin dans la boite aux lettres de Camila!
Nous devons aller le chercher à la poste.
Quelle chance, il sera de notre voyage dans le Nord!
À lundi pour la suite!
12:40 Publié dans Blognome | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Sondage culinaire
Sandrine m’a passé le relais pour le sondage culinaire…
Moi, j’aimerais bien que France et Julie y répondent à leur tour! Alors allez visitez Jeans, prose et patchouli ainsi qu'à Julie Desjardins pour voir si elle font du yoga en cuisinant!
Sondage culinaire
Quel est votre premier souvenir de cuisine tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e) ?
Un riz pilaf, recette tirée d’un livre de Pol Martin, avec ma sœur Julie. Il était 4 hrs PM et nous avions envie de surprendre notre mère qui n'était pas encore arrivée à la maison… Je devais avoir environ 13 ans… Une réussite! Ma mère a bien aimé l’idée que l’on puisse lui donner un coup de main pour l’heure du souper alors a du le refaire souvent pour éviter à ma mère de se casser la tête après son travail!
Qu'est-ce qui a le plus influencé votre façon de cuisiner ?
Mes nombreux séjours à l’étranger. Ma cuisine est très fusion… tellement que je ne peux reproduire quelque chose de typique de mon pays sans suivre une recette! Mon pâté chinois contient toujours des frijoles (haricot noir ou rouges) et du cumin! Le steak, blé d’inde patates...connais pas!!
Avez-vous une vieille photo comme "preuve" d'une exposition précoce au monde culinaire, et voudriez-vous la partager ?
Dommage mais ici, au Maroc je n’ai pas de photos de moi étant petite…
Avez-vous des phobies culinaires, ou un plat qui vous donne des sueurs froides, rien que d'y penser ?
Le riz! Faire du riz est pour moi un calvaire! Sûrement parce que j’ai justement trop voyagé et que le riz d’un pays à l’autre est très différent. Ca me prend une éternité à développer une recette qui fonctionne avec le riz de l’endroit où je me trouve sur la planète…et je n’ai jamais le même résultat!
Parmi les ustensiles de cuisine que vous possédez, lequel utilisez-vous le plus et lequel est le plus souvent délaissé ?
J’utilise le plus souvent une spatule de bois ayant appartenu a plusieurs coopérants avant d’atterrir dans ma cuisine. Elle est vieille, ressemble a une cuillère de bois et ma foi, très utile!
Je n’utilise jamais de gadgets qui ont une seule fonction et qui sont électriques. Mon seul gadget électrique est mon robot culinaire car faire des purées de bébé à la main, impossible!!
Citez des combinaisons d'aliments amusantes ou bizarres que vous aimez vraiment - vous, et probablement personne d'autre !
Thon et patates pilées. Un classique découvert enceinte! Mon mari est incapable de me regarder en manger!
et moi, je ne peux le voir boire avec délice son espèce de mélange coka et lait...OUACH!
Quels sont les trois aliments ou plats sans lesquels vous ne pouvez pas vivre ?
Le sirop d’érable! Surtout lorsque je suis à l’extérieur du Québec. Ca me rassure de voir la petite canne de sirop dans le garde manger, même si j’en mange que très rarement!
Tofu : un autre incontournable, j’en ai toujours un p’tit paquet sous vide, emballé dans un tetra pack et qui se conserve des mois!
La sauce à spaghettis qui a mijoté des heures et que je prépare en grande quantité pour congeler. Si j’en ai pas dans le congélateur, c’est que je suis très très occupée!
Y a-t-il une question à laquelle vous auriez aime répondre mais qui ne figure pas ici ? Si oui, ajoutez-la !
Quel aliment n'entrera jamais dans la confection d'un de vos plat?
Des bouillons de poulet ou autres bouillons à base de glutamate monosodique.
Ils sont bannis à jamais de mes plats! Je préfère faire mes propres bouillons au lieu d'empoisonner mes convives avec des trucs malsains pareils!
Trois questions rapides :
Votre parfum de crème glacée / sorbet préféré :
Chocolat ou nougat, jamais de fruits!
Vous ne mangerez probablement jamais... :
De tête de mouton ni de leurs pattes… j'aime les regarder dans la médina mais à l’odeur qui s’y dégage….j’y arriverais JAMAIS!
Votre plat fétiche, celui que vous ne ratez jamais :
La lasagne végétarienne…tiens tiens, ça me donne une idée… je vous présenterai cette recette dans un futur post!
07:25 Publié dans Découverte culturelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Direction Nord!
Quelques jours de repos sur la Méditéranée et dans les Montagnes du Nord sont les bienvenus en ce début de mois de juillet. Alors je quitte Rabat et la blogosphère pour quelques jours.
Je vous rapporte des photos, PROMIS!!
06:54 Publié dans Voyages touristiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 juin 2005
Pois chiches en vedette!
Pour faire suite à mon billet de hier, parlons encore de bouffe….
Camila me surprend toujours avec ses goûts santé. Voici une recette qu’elle adore, elle mange les pois chiches en premier comme si c'étaient des... bonbons!!! hihihi...
Les Québécois appelleraient cette recette une casserole de pois chiches. Allez, on l’adapte au goût des marocains, c’est un Tagine de Pois chiches! Quoi de mieux pour se faire un ptit repas sans viande mais bourré de protéines??
Tagine de pois chiche venant d’une québécoise…
2 gousses d’ail hachées
1 oignon haché
2 cuill. D’huile d’olive extra vierge
2-3 carottes en rondelles fines
1 poivron vert coupé en morceaux
4 tomates réduites en purée
2 cuill. de pâte de tomates en conserve
2 feuilles de laurier
eau au besoin
3 pommes de terres coupées en morceaux
1 grosse aubergine coupée en morceaux
1 tasse et demi de pois chiches déjà cuits et égouttés
sel et poivre et fromage râpé au goût
-Faire revenir quelques minutes l’ail et l’oignon dans l’huile d’olive.
-Ajouter les carottes le poivron, la puree de tomates, la pâte de tomates en conserve et les feuilles de laurier.
-Laisser mijoter jusqu’à ce que les carottes soient à moitié cuites. Ajouter de l’eau si le mélange est trop sec.
-Ajouter les aubergine, les pommes de terres. Laisser mijoter jusqu’à ce que les légumes soient cuits.
-Incorporer les pois chiches, rectifier l’assaisonnement.
Servez avec du fromage rapé de votre choix.
06:26 Publié dans Découverte culinaire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27 juin 2005
Quelles valeurs veut-on léguer à nos enfants?
Etre parent s’apprend au jour le jour, au rythme de la croissance de notre enfant. Au quotidien les parents s’interrogent sur ce qu’on doit faire, la meilleure façon de s’y prendre, ce qu’on a envie de leur léguer comme bagages pour leur vie, comme valeurs.
Avant mon départ pour l’Afrique, un des avantages que je voyais à la coopération internationale était de pouvoir vivre plus simplement, d’arrêter momentanément ce combat perpétuel contre la surconsommation car dans la plupart des pays en développement, on consomme moins, on vit avec peu de choses, on se simplifie la vie car le marché de cochonneries est tout simplement moins vaste. Vivre autrement, éviter la surconsommation et ne pas tomber dans les pièges de la publicité, surtout en ce qui a trait à l’alimentation est une valeur que je veux léguer à ma fille.
Je suis donc partie pour Rabat, en pensant que mon enfant allait être un peu mieux protégé contre la publicité et la surconsommation de cochonneries. Je me trompais sur ma destination…
Rabat, tout comme les autres capitales de la planète, est un monde de surconsommation. On trouve du tout, (à des prix souvent complètement fous), mais de tout, je vous le dis! La grande majorité, comme moi, n’ont pas les moyens d’acheter, de posséder ni le dixième de leurs envies. La plupart doivent, dans un premier temps manger. Survivre. Le tout petit pourcentage restant des familles marocaines bien nanties, sur ce point, ressemblent à toutes les familles bien nanties de l’Occident…. Elles surconsomment, mais surconsomment de façon incroyable, c’est la surabondance, l’excès!
Mais revenons à Camila, qui grandit, qui inévitablement socialise, rencontre d’autres enfants, cohabite avec ses amis de garderie, qui eux, sont issus souvent de familles qui surconsomment. On lui crée déjà de faux besoins et des envies de toutes sortes, surtout dans ce quelle ingurgite ces temps-ci.
Ma fille connaît des mots que je ne lui ai pas enseigné : chocolat, bonbon cookie etc…. Ma fille voit au quotidien, à la crèche, des enfants manger, surconsommer déjà à leur âge des produits malsains et elle en demande. La garderie fait pression sur nous, ses parents, pour qu’on intègre, au moins, des biscuits, qu’on mette plus et toujours plus de nourriture car ma fille en redemande… bien sûr! Mais on a pas compris qu’elle n’a plus faim, que cette demande est l’envie de manger ces cochonneries que les autres mangent?
Je dois user de stratagèmes incroyables afin de contourner ce piège du biscuit du goûter ou des montagnes de bonbons donnés par les voisines ou les vieilles dames dans la rue. Car au Maroc, on gâte les enfants à l’excès, en leur faisant manger du sucre sous toutes ses formes possibles. Les rangées de «malbouffe» chez Marjane, celle ou on peut trouver tous ces biscuits emballés individuellement, biscuit Prince et compagnie, sont pleines à craquer de familles et de leurs enfants qui se choisissent des montagnes de sucreries à 1.50 Dh.
Parents du Maroc et d’ailleurs, cessez de bourrer vos enfants de sucre, cuisinez, offrez leur des fruits au goûter, des couleurs, de la variété dans leurs assiettes….Car le sucre anéanti toute autre saveur. Votre enfant s’habitue à ce goût et ne peut plus s’en passer, ce qui ne lui permet pas de développer d’autres goûts… Vous cariez leurs dents, vous les faites grossir!
Même si j’en ai assez de me battre envers et contre tous, je continuerai de limiter les doses de sucre que ma fille ingurgite. Je continuerai d’enlever ces sucreries données par la garderie, les autres enfants et ces vieilles dames, en expliquant que je tiens à ce que ma fille grandisse sainement et que je l’aime beaucoup trop pour l’empoisonner doucement. Je vous invite, parents du Maroc à en faire autant.
08:23 Publié dans Vie au Quotidien à Rabat | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
24 juin 2005
Bonne fête nationale aux Québécois!
Aujourd'hui, au Québec, nous fêtons notre fête nationale, la Saint-Jean Baptiste. Alors bonne fête nationale à tous ceux qui s'identifient comme québécois!
03:50 Publié dans Ma terre natale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23 juin 2005
La troisième fois est toujours la bonne!
On se reprend, la même copine et moi, quelques semaines plus tard, dans un hammam destiné seulement aux femmes, à proximité de chez-moi. Cette fois-ci, je ne fais pas les mêmes erreurs, je mets mon plus beau slip et je suis épilée. (Ceci dit, je déteste l’épilation et tout ce qui va avec. J’épile par pression sociale et quand ça se voit sinon, je ne touche à rien! Alors je fais le minimum pour passer inaperçue!)
Le hammam d’à côté coûte environ 10 dh (soit 1.25 $ CAN), on nous donne deux seaux par personne qui serviront à emmagasiner l’eau chaude dont nous aurons besoin. À l’entrée des hammams, on y retrouve souvent tous les produits destinés au lavage, shampoing en format individuel, savons et le fameux sabel beldi, un savon naturel fait de résidus d’olives. Le sabel beldi est couleur brune douteuse mais lorsqu’on l’applique sur le corps, c’est EXQUIS! En fait, le sabel beldi est ma plus belle découverte en produits de beauté au Maroc. Je craque pour ce savon entièrement naturel. Très versatile, on peut aussi l’utiliser pour récurer les casseroles car il est aussi utilisé comme savon à vaisselle!
Première salle : déshabillage! On enlève tout, on garde un slip et on emmène avec nous, dans notre seau tous les produits de nettoyage qu’on aura besoin.
On entre donc dans la première salle, la moins chaude. Comme nous arrivons de l’extérieur, c’est étouffant comme chaleur et bien assez pour moi, la non-initiée. La salle est pleine à craquer! Des femmes qui placotent, des enfants qui courent et tombent dans l’eau (le marbre mouillé, ya rien de pire!). La vapeur et l’humidité, les quelques rayons de soleil, filtrés par l’humidité, qui entrent par la petite fenêtre au plafond donnent l’impression presque irréelle au lieu et aux gens. S’en est grisant! On aperçoit les femmes entre les vapeurs, on a l’impression d’être à demi éveillé. J’aime cette ambiance enveloppante et je crois que c’est une des choses qui attirent les femmes au hammam. Je me dis aussi que ce serait un bon endroit pour faire du yoga! J'en rêve!!
Ma copine et moi se choisissons un p’tit coin que l’on nettoie en lançant de l’eau très chaude. (Vous vous rappelez des rigoles de poils alors, pas de risque à prendre, on nettoie tout!) Après s’en suit une série de gestes, comme un rituel chaque fois répété, qu’il faut respecter minutieusement, dans le cadre des traditions du hammam. On s’asperge d’eau chaude et on commence par un lavage des cheveux. Les miens sont semi long alors je suis prête en un rien de temps. J’en profite pour observer ces femmes aux cheveux très longs, qui lavent, démêlent, brossent leurs tignasses frisées. Les femmes marocaines, par tradition, préfèrent les cheveux TRRRRÈS long. Il n’est pas rare d’en voir avec des chevelures aux fesses! Alors quel travail au hammam!
Un changement de salle s’impose car nous commençons à avoir froid, nous nous habituons à notre nouveau milieu. Salle plus chaude, étouffante, pleine à craquer, plus de proximité, de promiscuité.
Nous continuons le rituel avec le sabel beldi que nous étendons sur tout le corps. C’est la partie du hammam que je préfère. Cette préparation gluante, glissante que j’étends, j’en profite pour masser, pour éliminer les tensions, pour relaxer. Et on laisse quelques minutes ce savon faire son effet.
Le sabel beldi prépare la peau au frottage- exfoliage si vous voulez- la partie maso du hammam selon moi! Car on se frotte avec un genre de gant de crin (il paraît que c’est en poil de chèvre!!), très rude, dans le but d’enlever la première couche de l’épiderme, les cellules mortes, à ce qui paraît. C’est tellement impressionnant, on passe ce gant rêche (je vous jure, c’est douloureux!) et la peau tombe, on est tout rouge irrité, mais on a l’impression d’être plus propre que propre! Entre copines, on s’entraide pour cette étape. On se frotte mutuellement le dos. Il est même possible de demander aux dames qui travaillent dans le hammam de vous exfolier, en échange de quelques dirhams.
Je me rappelle de voir une très vieille dame, trop âgée pour être capable de se frotter, couchée sur un petit tapis, se faire frotter par une autre femme.
Les autres étapes sont plus ou moins claires pour moi, ghassoul (argile)? Henné? Je ne sais plus ce qui vient avant ou après car je n’ai pas osé étendre le henné sur ma peau ou mes cheveux de peur que ça teigne ma peau blanche de nordique et mes cheveux blonds en rouge… Les femmes marocaines utilisent le henné sur tout le corps pour améliorer l’éclat de leur peau et donner des reflets roux à leurs cheveux.
Après une heure de fottage et de récurage, l'air lourd se raréfie, je commence à avoir mal à la tête. Je sors doucement, profitant de chaque salle pour me réhabituer à la vie du dehors.
L'effet sur le corps après le hammam est très convaincant. La peau est extrèmement douce, on se sent complètement relaxée...On se rhabille, on se cache sous plein d’épaisseur de vêtements, on se met un foulard sur les cheveux pour ne pas attrapper froid à la sortie! BSAHA nous disent les femmes…
Le hammam est comme une drogue, après l'avoir essayé et après en avoir compris les principes, on en redemande toujours! Ceci dit, le hammam des femmes près de chez moi n'est pas des plus propres ni un des plus agréables… J’ai bien envie d’accepter la proposition de Houdac et d’aller me faire une thamhima avec elle…
Cependant, même si elle m’assure toute la confidentialité sur mes poils elle pourrait être tentée de raconter mes confidences sur son blog…C'est risqué non?? hihihi
05:20 Publié dans Hammam | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
22 juin 2005
Hammam prise deux….ou presque!
Lors de mon expérience piège à touriste de Marrakech, j’avais beaucoup apprécié la tranquillité du hammam, ces vapeurs blanches, l’odeur du feu de bois, ces lumières tamisées, cette sensation de grande propreté de la peau etc. Pourtant, j’avais vraiment l’impression de passer à côté du hammam populaire...
Kenitra, plusieurs mois après mon expérience de Marrakech, je veux connaître le hammam des plus typiques, celui qui, de l’extérieur, semble tomber en ruines, où la classe populaire se lave, où ça jase, où les enfants courent en hurlant, se lançant de l’eau. Je veux sentir le Maroc à travers mes pores. Je veux voir ces corps de femmes cachés au quotidien, sous la djellaba et le foulard.
Mon initiatrice ne connaît pas les hammams de cette ville, alors nous en visitons quelques-uns afin de trouver ce que l’on cherche. Dès ma première entrée, je suis happée par la chaleur suffocante et l’humidité. Une petite tournée des lieux et adieux les idées que je m’en faisais! L’envie de me laver dans cet endroit disparaît…
Car aux premiers abords, on ne remarque que des femmes très rondes, aux hanches et fesses charnues avec les seins qui pendent sur leur ventre, se promenant au rythme de leur déhanchements. Les chairs débordent de partout, se frôlent…ça placote, ça crie d’une extrémité à l’autre, ça se frotte le dos, ça se lance de l’eau.
Ça s’épile de partout aussi! On se cache dans un coin de la pièce pour se raser à peu près tout! La femme marocaine fait la guerre aux poils, de haut en bas, de A à Z, partout partout!! Alors ces millions de petits cadavres se retrouvent à vos pieds, dans les flaques d’eau, dans les coins etc…
Je m’imagine déjà me dévêtir dans cet endroit, qu’on me scrute de la tête aux pieds, qu’on viole mes frontières de québécoise qui a besoin d’un très grand espace vital et qui n’a pas l’habitude ce cette proximité dénudée et surtout, qu’on me regarde et qu’elles se chuchotent entre elles : «Elle se rase pas!»
Je suis heureuse que mon initiatrice soit elle aussi déçue et dégoûtée et qu’elle souhaite elle aussi sortir… Alors on remet, encore une fois, l’initiation au hammam populaire, le temps de changer de ville et de se trouver un endroit mieux entretenu et un peu moins bondé…
06:05 Publié dans Hammam | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20 juin 2005
La fois où j’ai eu l’air le plus fou!
France a envie qu’on se lâche lousse pour l’été et qu’on se raconte des histoires où on a eu l’air pas mal épais… Alors bloggeurs, laissez-vous aller et racontez!! Comme qui dirait, qui ne vaut pas une risée ne vaut rien! Hihi…
J’en aurais des milliers à vous raconter de ces histoires là où on a l’air tellement fou! La fois où à 15 ans, je me suis fait lancer dans une piscine toute habillée (avec mon super poncho) et qu’en sortant de la piscine, en voulant enlever mon super poncho lourd et plein d’eau, j’ai tout levé, même le soutient gorge…devant combien d’ados de mon âge? (et leurs parents….) Une bonne maudite gang…. Et vous savez, à 15 ans, faire une telle chose, c’est comme si votre heure avait sonné…. On a juste envie que la terre s’ouvre et quelle nous engouffre pour des milliers d’années. On se repasse le film milles et unes fois dans sa tête par la suite…. Oh! Merde!
Mais ce n’est pas cette histoire là que j’ai envie de vous raconter… C’est une histoire de hammam, à moins grand public, heureusement, mais tout aussi intimidante!
Hier je vous ai dit que le hammam était unisexe et public. Aujourd’hui, je vous raconterai un p’tit peu le contraire…
Après 6 mois de vie au Maroc, je n’avais pas encore trouvé de fille pouvant m’initier au hammam. Je me faisais raconter comment ça se passe mais je me sentais incapable d’y aller seule… Ghassoul, sabel beldi, gant de crin, sceaux d’eau…dans quel ordre? Comment on s’habille donc? Bref, je voulais me faire accompagner.
Lors d’un voyage familial à Marrakech, je n’en peux plus d’attendre et je décide donc d’aller dans un hammam de touriste, tout ce qui a de plus dénaturé comme hammam. Rien à voir avec le Maroc populaire. Prix de touriste, service pour touriste.
Lorsque je vais pendre mon rendez-vous (ben oui, il fallait prendre un rendez-vous), la personne qui m’accompagne demande à la jolie demoiselle (elles étaient toutes très jolies et sexy) si on peut recevoir un frottage et un massage par une personne de l’autre sexe. Elle répond par l’affirmative. La conversation continue, bla bla bla, je finis par prendre rendez-vous pour la fin de la journée.
Je me présente à l’heure…on me sert le thé et je patiente dans la cour intérieure, regardant les allées et venues des gens… J’observe que les filles sont très dénudées pour le Maroc, les hommes très sexy…et je me questionne sur la vocation du hammam…J’ai l’impression d’entendre mon cerveau me dire «hammam de touriste….hammam de prostitution peut–être???»
Je tente de m’enlever cette idée de mon cerveau.
Une fille en capri blanc où l’on voit transparaître son string vient me chercher… Elle m’amène à l’étage plus haut, dans une petite pièce fermée : la salle de déshabillage. Elle me dit:
-Enlevez tous vos vêtements et enfilez cette robe de chambre, l’homme en question va venir vous cherchez.
-QUOI!!! Je sursaute et arrête d’enlever mes vêtements. Non non non non, vous vous méprenez sur le service que j’ai demandé, je veux UNE FEMME et rien d’autre avez-vous compris! Je n’ai pas l’intention de me montrer nue aux hommes que j’ai vu en bas, ni de me faire frotter par l’un d’eux! Je croyais que les hammams, c’était du unisexe!
-Changez-vous, je vais voir ce que je peux faire. Me dit-elle me regardant avec son air de fifille qui comprend pas pourquoi je capote et elle sort.
Je deviens hyper nerveuse, je continue d’enlever mes vêtements mais je veux garder mon slip. Tout d’un coup je me rend comte (comble du malheur) que j’ai mis un vieux slip de maternité délavé qui est mille fois trop grand, étiré par ma bedaine d’il y a un an… j’ai l’air d’avoir perdu 50 kilos et il tombe de partout! (vous imaginez, les filles ici se promènent en string sous leurs pantalons blancs). Je le garde quand même et enfile la robe de chambre sans trop savoir à quel service j’aurai droit…
La fifille revient et me demande de la suivre…je ne sais toujours pas qui va me frotter moi!
On monte un étage de plus, on traverse de petits couloirs sombres puis on arrive à un hammam miniature d’une seule pièce, assez grand pour deux ou trois personnes. Je dis à la fifille :
-Si c’est un mec qui s’amène ici, je vous jure, je crie! Je crie tellement fort que tout le monde saura ce qui se passe ici!! Compris!! (Bref, vous aurez compris, je suis paniquée à l’idée de me retrouver dans ce p’tit cubicule avec un étranger sans savoir si c’est une place à passes ou pas.)
Elle ne dit rien et sort. Je suis morte d’inquiétude, je me dis que je suis sûrement dans un endroit où il y a de la prostitution et que je me suis fait avoir…
Après quelques instants, la porte s’ouvre….
Hé bien c’était une fille!! Je me suis mise à rire et à me détendre puis j’ai eu droit à une très bonne explication de ce qu’était un hammam. Mon frottage initiatique était des plus professionnels et j’en ai bien profité!
Lorsque je suis sortie, à peu près tous les yeux des fifilles en string et des gars travaillant dans le spa me fixaient…ils avaient l’air de bien se marrer ceux-là….mon histoire a fait le tour pendant mon frottage, j’en suis certaine!
Le pire dans tout ça, c’est que arrivé à l’hôtel, je ne trouvais plus mon vieux slip de maternité! Il est sûrement resté dans la salle où je me suis changée! Beau souvenir pour le hammam n'est-ce pas? Peut-être qu'ils l'ont fait encadrer pour continuer de se marrer! Hahahaha….
05:15 Publié dans Hammam | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
19 juin 2005
Le hammam, origine et historique
« Quiconque va aux bains pendant quarante jours consécutifs réussira tout ce qu'il entreprendra. »
Anonyme
L’Étranger qui viens en visite au Maroc et qui n’entre pas au hammam se prive selon moi de découvrir un aspect important de la culture du pays. La tradition des thermes est au centre de la vie quotidienne des marocains encore aujourd’hui, ce qui vaut bien une nouvelle catégorie à mon blog n’est-ce pas?
Le hammam est un bain public de vapeur, ressemblant à un sauna où les gens vont se laver. La plupart des marocains vont une à deux fois par semaine au hammam, ce qui représente pour eux une toilette complète, un lavage du corps en profondeur. La traduction du mot hammam en français serait : «qui répand la chaleur».
Le hammam compte normalement trois salles, une première tiède, une deuxième plus chaude et une troisième très chaude. L’eau y coule à flot, les produits de beauté traditionnels sont à l’honneur et l’on peut se faire frotter (exfolier) et masser.
Le hammam est unisexe, c'est-à-dire qu’il y a des horaires pour les femmes et des horaires pour les hommes. Alors rien à voir avec les Saunas montréalais… ici, pas de sexe!! Bien que les gens y soient à peu près nus, le hammam est plutôt un lieu d'échanges et de détente où chacun prend soin de son corps. C’est un lieu de retraite tranquille, dans une demi pénombre, où règne une atmosphère de repos et de solitude.
Ses Origines…
C’est dans les gymnases grecs que naît la coutume des bains publics. Alors que les grecs et les romains utilisaient déjà les bains publics pour faire leur toilette, les chrétiens, plus tard, le bannirent étant donné la nudité qui était synonyme de péché.
C’est le prophète Mohammed lui-même qui remet ces bains publics à la mode. Le hammam pris une donc une signification religieuse, et il devint rapidement une annexe à la mosquée, où il était utilisé pour faire les ablutions avant la prière. La pratique du hammam a donc suivi l'expansion de l'Islam. Il parait même que les temples, églises et bains conquis étaient souvent transformés en hammams!
À l'époque du prophète, l’entrée des hammams était interdite aux femmes. Mais lorsqu'on pris conscience de ses vertus hygiéniques, « la Parole » du prophète fût réinterprétée et les femmes furent autorisées à s'y rendre. Le hammam est aujourd’hui un lieu de rencontre et d’échange pour les femmes. Il est même dit que certaines mères de famille profitaient de leur visite au hammam pour prospecter d'éventuelles épouses pour leurs fils, car aucune tare physique ou inaptitude sociale ne pouvaient y passer inaperçu !
Les enfants accompagnent leur mère au hammam. Lorsque les garçons atteignent un certain âge, bien avant la puberté cependant, ils perdent ce privilège et accompagnent donc leur père. Cette étape est souvent perçue comme une transition d’enfant à homme.
J’avais entendu parler du hammam bien avant de mettre les pieds en terre marocaine, l’idée que je m’en faisais diffère pas mal de la réalité … que je vous raconterai dans un autre billet !
En attendant, visitez le blog Le Hammam, on y retrouve de belles petites histoires et de très belles images!
Sources de l'historique :
http://www.hammam-first.com/hammam/histoire.htm
http://www.athenaeum.ch/thermes.htm
http://www.bladi.net/modules/newbb/sujet-7890-6-le-hammam...
07:50 Publié dans Hammam | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


